C’est avec un peu de retard, suite à notre voyage en famille en Europe, que parait ce nouveau numéro de notre modeste magazine Hors Circuit, véritable cordon ombilical entre notre équipe, notre famille, nos amis, nos clients passés et ceux à venir.
Laisser passer l’orage, Puis vivre d’amour et d’espoir…
Numéro 26 – mars 2010
Notre tout nouveau Land Rover Defender 110 Station Wagon a été enfin livré, ce qui porte ainsi la flotte Hors Circuit à quatre véhicules tout terrain. Il est capable d'embarquer six passagers en plus du chauffeur et dispose de l'air conditionné. L'idéal pour emmener familles et groupes d'amis sur les pistes reculées du Maroc !
Kaléidoscope de ces derniers mois pour le moins animés, ce numéro vous informe des derniers développements de nos activités marocaines et me permet de garder un contact privilégié avec vous qui suivez nos péripéties depuis si longtemps, vous qui venez de vivre une aventure Hors Circuit en notre compagnie, vous qui allez prochainement nous rejoindre
Au même moment où les emmerdes se reposent (après tout, ce sont les grandes vacances pour tout le monde), notre petite famille se consolide, nos amitiés avec nos clients se développent, notre équipe s’étoffe, nos moyens logistiques se renforcent, nos affaires prospèrent. Serait-ce le bonheur que je ne distingue pas et dont je ne prends pas le temps de profiter ?
Fort d’une expérience pénible lors d’une visite du nouveau-né d’un de mes employés marocains dans l’hôpital public de Taroudant il y a trois ans (une chambre avec six femmes venant d’accoucher, sans lits pour les bébés, jonchée de détritus de nourriture et grouillante de chats errants), nous avons fort heureusement opté pour une clinique gynécologique privée où la césarienne programmée de Hafida devait être pratiquée dans les meilleures conditions.
A l’heure où j’écris ces quelques lignes, le match Luc contre Maroc reste fort indécis. De belles batailles ont été remportées, certes, les divers escrocs restant tenus à bonne distance de toute nuisance. Mais les récentes évolutions réglementaires ne vont pas vers la facilitation des nombreuses démarches administratives qui restent en suspens pour la normalisation de ma situation professionnelle, comme c’est le cas d’ailleurs pour bon nombre d’autres entreprises locales de petite taille.
Mon oncle Maurice et toute sa tribu, enfants et petits-enfants, soit une petite troupe de huit personnes, ont tenté l’aventure berbère en venant séjourner une semaine aux Terrasses de l’Atlas en février, alors que les montagnes s’habillaient de manteaux de neige et de tapis somptueux de fleurs à la suite des pluies diluviennes de cet hiver exceptionnel.
Hafida et Morad auront aussi, la semaine suivante, tout le loisir d’être interloqués lorsque je les emmène avec nos amis Demarche aux cascades d’Issoual par temps incertain. Les nuages firent leur apparition au-delà d’une altitude de 1700 mètres et le vent se mit à souffler progressivement. Intrigués, ils virent tomber entre les noyers de jolies petites fleurs blanches alors que la saison n’aurait pas dû le permettre.
Extrait de leur mail de compte-rendu de leur périple dans le désert : « Malgré une météo assez limite, nous sommes vraiment ravis de notre voyage. Nos enfants ne parlent plus que du Maroc, de l’ « aventure », du 4x4, des oasis, des dunes… je ne les avais jamais vues aussi enthousiastes ! Saïd s’est montré impeccable, gentil et efficace ; Mohamed extrêmement gentil et excellent cuisinier. Ils nous manquent beaucoup. »
Le moins qu’on puisse dire est que Hafida et moi ne passons pas inaperçus. Quand nous arpentons les pistes d’altitude à bord de notre quad, les plus petits s’enfuient à toutes jambes, les ados applaudissent, les adultes restent interloqués, les vieux nous prennent pour des ovnis. Quand nous déambulons dans Taroudant à pied ou en 4x4, les traits racés de Hafida trahissent ses origines berbères et tous se retournent sur notre couple, à commencer par les touristes interloqués par ce duo on ne peut plus original.
Avez-vous choisi un prénom musulman ? me demande l’adoul. Le notaire coranique m’a pris par surprise. Il m’a tout d’abord fait réciter la profession de foi de l’Islam : « Ach adou anna, lah illaha, illala, woua ach adou anna, mohamed rasoul allah ». Il n’y a d’autre dieu que Allah et Mohamed est son prophète. L’un des cinq piliers de cette religion.
Après les tentatives d’extorsion de fonds de mon vendeur et du notaire coranique, l’incursion de voleurs dans ma maison, l’endommagement du quad et les menaces de mort de l’ancien propriétaire (cfr le numéro précédent), l’introduction de pas moins de cinq nouveaux dossiers administratifs ne va pas sans laisser de traces nerveuses…
Alors, tandis que Hafida développe à une allure impressionnante ses qualités de maitresse de maison d’hôtes, nous faisons un pari à long terme en misant sur son jeune frère, Morad, 14 ans. Après la sécheresse en début d’année, qui a causé la mort d’une bonne partie du troupeau, le papa Abdullah s’est résigné à vendre le reste de ses chèvres à vil prix. Et Morad, qui passait jusque là tout son temps à crapahuter dans la montagne pour garder les bêtes, s’est retrouvé désoeuvré....
Avec mon retour de France au Maroc, il me semble refermer un tome entier de mon existence pour ouvrir la page d’un nouveau livre, au dénouement totalement imprévisible. Mais n’est-ce pas l’essence même d’un bon ouvrage ? Alors que le dernier lion recensé dans le Haut Atlas disparaissait dans les années quarante en même temps qu’une flore plus abondante, la désertification semble encore avoir gagné du terrain : jamais auparavant je n’avais pu observer de troupeau important de dromadaires juste au pied des montagnes ...
Non, je ne rêve pas… A chaque coin de Taroudant, un paysan, assis à même le trottoir, attend un acheteur pour l’unique mouton qu’il est venu vendre en ces temps de fête musulmane. Le hasard du calendrier fait coïncider la fête du mouton avec notre Noël. A vous les dindes, à eux les agneaux !
A l’instar de nos préparatifs pour les réveillons de fin d’année, les Roudanais s’affairent dans la médina. A la recherche qui d’un nouveau tajine, qui d’un barbecue, qui de vêtements de fête, qui de cadeaux pour la famille et les amis...
Cet après-midi, pareil à un autre (mais qu’est-ce que je raconte, ce n’est jamais le cas !), pour étancher ma soif entre deux occupations, j’ai empoigné la bouteille d’eau pétillante qui traînait sur mon bureau, ai dévissé le bouchon et laissé couler une grosse lampée dans ma bouche desséchée. Ouf ! Il était temps…
Non, ouille plutôt ! Vous connaissez le destructeur de rouille ? J’en avais versé le matin même une bonne dose dans une bouteille vide pour la descendre à Taroudant…
Mon basculement total dans le monde berbère, évoqué dans le numéro précédent, a coïncidé avec l’absence de clients durant tout le mois de septembre. Autant vous dire que l’épreuve a frôlé celle de la mort subite… « Hors Circuit » : s’agit-il finalement du label de mes produits ou bien de ma propre condition ? je vous laisse conclure… moi, je sais déjà ! A coïncidé aussi avec le début du Ramadan. M’enfin, j’ai pour ma part continué à manger à ma faim, ce qui n’était pas le cas tout autour de moi !
3500 kilomètres de distance et 18 mois d’immersion berbère auront finalement eu raison de mon couple. Une nouvelle page de ma vie sentimentale est tournée, après celle de ma vie professionnelle.
Désormais ma vie est ancrée ici au Maroc et mon domicile perdu quelque part dans une oasis du Haut Atlas. Il s’agit de repenser mon avenir autrement : on oublie sécurité sociale et pension légale, on fait une croix sur le confort moderne.
Alors que les travaux prennent tournure pour l’aménagement de deux chambres supplémentaires avec salle de bain à ciel ouvert et âtre ainsi que de deux salles de bain privatives pour des chambres existantes, la vie dans notre propriété berbère d’Afensou devient progressivement plus paisible. L’ancien propriétaire, avec lequel nos démêlés ne sont sous doute pas finis, est de plus en plus isolé ...
Voici votre huitième numéro de cette newsletter. Comme la liste de distribution s’allonge de plus en plus, il n’est pas inutile de rappeler la vocation multiple de ce modeste magazine :
- faire connaître Hors Circuit au plus grand nombre, par le bouche à oreille
- vous tenir au courant du vécu de nos participants et des nouveaux développements dans nos activités
- vous faire découvrir, par bribes, un autre Maroc, celui qu’on adore ...
Ca y est ! Nous avons enfin réalisé nos premières ventes par internet. Référencé gratuitement depuis fin janvier sur des centaines de moteurs de recherche ainsi que de façon payante sur Google et sur le site du Guide du Routard, notre site www.hors-circuits-maroc.com connaît une fréquentation croissante. Avec les vacances d’avril, ce sont plusieurs dizaines d’offres qui ont été remises en réponse aux demandes